« Briser la barrière entre rêve et réalité »

Les deux représentants du laboratoire Apelab - Photo : Sarah Paillou

Les deux représentants du laboratoire Apelab – Photo : Sarah Paillou

Le laboratoire Apelab est venu présenter ses projets et prototypes basés sur le principe de la réalité augmentée, dans le cadre du Smart Fip@. Ou la naissance d’un nouveau spectateur, qui participe à l’histoire.

L’idée est d’utiliser les nouvelles technologies (Iphone, Ipad, capteurs de mouvements) pour raconter une histoire. Les deux représentants du laboratoire, issus d’école de cinéma ou d’illustration, développent l’idée d’une narration spatiale, qui mobilise bande son, dialogues et voix, en audio ou en texte. Le rythme de l’histoire reste imposé : comme dans un film, on peut « louper des choses ».

Resserrer le lien entre virtuel et utilisateur

Le cadrage, lui, est laissé au choix du spectateur. A l’aide de son Ipad, l’utilisateur peut obtenir une vision à 360° en levant, baissant ou en faisant tourner la tablette autour de lui. Le scénario est alors influencé par ce que choisit de regarder le spectateur, mais aussi par l’heure à laquelle il visionne le film, le temps qu’il fait… La « rejouabilité », voilà l’objectif du prototype, puisque revoir l’oeuvre permet de découvrir les autres possibilités de narrations.
Le projet suppose uniquement des courts-métrages de 5 à 10 minutes, puisqu’il faut prévoir les différents scénarios possibles. C’est un travail considérable : un mois par scène, 20 scènes par épisode. Et impossible de regarder le film entre amis.

La bande-annonce gratuite de l’application, Land 52, sera en principe disponible mi-février sur l’Apple Store, si l’expérience vous tente.

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Offshore ou le « documentaire interactif »

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Explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon en 2010

Le programme du festival titrait laconiquement : « Première mondiale – Vivez l’expérience Offshore ». Aucune indication supplémentaire sur ce que pouvait bien recouvrir ce terme passablement énigmatique d’Offshore (« au large »). Une investigation s’imposait donc pour l’équipe d’Un grain dans les bobines.

Décrite comme une « installation interactive et immersive », l’expérience créée par Brenda Longfellow, Glenn Richards et Hellos Design Lab est en fait un vaste documentaire englobant les diverses thématiques liées à l’industrie pétrolière. L’explosion en 2010 de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique, événement sur lequel s’appuie l’ensemble du reportage, fournit en effet l’occasion de traiter l’ensemble des domaines concernés de près ou de loin par le développement de ce secteur. Qu’il s’agisse de l’aspect économique, juridique, politique ou environnemental, l’accent est mis sur les multiples dangers et problèmes que suscitent de tels accidents. Un fond engagé, donc, qui n’est pas sans rappeler celui de documentaires comme par exemple Le Monde selon Monsanto ou encore le film d’Al-Gore Une Vérité qui dérange.

À ceci près que l’installation de Brenda Longfellow et Glenn Richards présente une caractéristique originale : son format. S’éloignant des standards du documentaire classique, Offshore commence comme un jeu vidéo, avec la reconstitution en 3D d’une plate-forme pétrolière à travers laquelle l’utilisateur peut circuler grâce à un écran tactile. Au fur et à mesure de l’exploration des lieux, une mosaïque de documents se constitue : ici des archives sur les victimes de l’explosion de Deepwater Horizon, là une interview du juriste de Houston Tomy Buzbee agrémentée d’images de synthèse à vocation explicative, entre les deux un reportage traitant de la pollution par le pétrole en Alaska… Une présentation qui, tout en offrant une étude globale de l’industrie pétrolière et de ses abus, permet de naviguer selon ses propres goûts au milieu des sujets proposés, d’une manière interactive et assez ludique. Seul hic pour les francophones, l’expérience n’est pour l’instant disponible qu’en anglais – on espère qu’une version sous-titrée verra bientôt le jour…