On a assisté au line-up d’HBO Europe centrale

Depuis la fin des années 90, HBO a complètement bouleversé le paysage audiovisuel. Après avoir conquis le marché nord-américain et européen, la chaîne à péage se tourne vers l’Europe centrale. Ce qui fait la force de cette chaîne, c’est sans doute sa capacité à se réinventer et à s’adapter à de nouveaux marchés tout en restant exigeante constant en qualité. Hanka Kastelicova, productrice de documentaire était là pour nous présenter rapidement quelques projets.

La présentation HBO

La présentation HBO

Deep love

Janusz est un plongeur expérimenté qu’une attaque a laissé partiellement paralysé.  Loin de se décourager, il va pourtant tenter un ultime exploit: revenir dans le Blue Hole de la mer rouge, une fosse sous-marine mythique, le Graal des plongeurs. Janusz va donc se battre jusqu’au bout pour réaliser son rêve, luttant contre l’avis de tous les médecins. Ce documentaire, réalisé par Jan P. Matuszynski devrait montrer sa lutte au quotidien contre le handicap, la préparation de son périple jusqu’au moment de grâce où Janusz accomplit son exploit.

Totonel

Ce documentaire réalisé par Alexander Nanau nous plonge dans le quotidien glauque et moribond d’une mère de famille roumaine qui retrouve ses trois enfants après avoir passé sept années en prison pour trafic de drogue. La productrice présente au FIPA n’a pas été très loquace sur ce projet mais nous avons retrouvé sur internet la bande-annonce. Un troisième projet mystérieux a été évoqué, il s’intitule The other side of everything mais là encore, peu d’informations ont filtré. Nous en saurons probablement plus dans les mois à venir. En attendant, voici quelques informations sur une nouvelle minisérie HBO, Burning Bush, qui revient sur l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS en 1969.

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Les séries télé : la poule aux œufs d’or

Les grandes écoles de l’audiovisuel, dont la Fémis, l’INA et le Conservatoire européen d’écriture audiovisuelle (CEEA) étaient présentes au FIPA. L’occasion de resituer les enjeux de l’écriture de scenarii dans un contexte de compétition acharnée entre les séries et entre les diffuseurs.

Les Revenants

Les Revenants

Depuis les années 2000, les séries américaines ont explosé sur les écrans français, notamment avec les succès d’HBO (The Wire) et d’AMC (Breaking Bad) obligeant les auteurs à redéfinir complètement les règles de la narration et les codes visuels de la télévision. En France la révolution se fait aussi, un peu plus lentement. Pourtant, le récent succès de la série Les Revenants, diffusée sur Canal + montre que les séries françaises peuvent aussi s’exporter et connaître du succès à l’étranger.

Les grandes écoles de l’audiovisuel ont donc la lourde responsabilité de former la prochaine génération d’auteurs. L’étude des séries au sein des programmes prend une place de plus en plus importante, ce qui témoigne d’un vrai besoin de renouveau. L’INA a d’ailleurs créé l’INA expert, un conseil d’expertise pour former non plus des scénaristes mais des producteurs. L’objectif est d’impliquer davantage la production, normalement cantonnée à une responsabilité financière,  dans le processus de création.

La Nouvelle vague des séries

Si les sixties et la Nouvelle vague ont inventé le cinéma d’auteur, les années 2000 auront probablement inventé la série d’auteur. Les séries classiques étaient constituées d’intrigues cloisonnées, de dialogues et de personnages archétypaux. Les nouvelles normes exigent au contraire des intrigues nombreuses et enchevêtrées les unes aux autres, des personnages ambigus et non-consensuels et  surtout une écriture audiovisuelle et une direction artistique soignée. Si les séries américaines restent la référence, les séries britanniques et scandinaves (Borgen) s’en sortent bien car en plus d’être originales, elles proposent un vrai concept visuel inédit. Les chaînes de télévision françaises sont encore « un peu frileuses » à l’idée de produire ce genre de séries, même si Canal + et Arte ont déjà plusieurs succès à leur actif. Cette réticence peut se comprendre par la prise de risque accrue que comporte la sortie d’une nouvelle série par rapport à la sortie d’un film. Produire une série nécessite en effet de penser sur le (très) long terme. Autre prise de risque, celle des diffuseurs : un flop sur la diffusion d’une série étrangère peut durablement affecter les audiences d’une chaîne et donc ses revenus.

Une télévision qui lorgne sur le cinéma

Il est indéniable que les séries sont sur une vraie dynamique compétitive ; elles empruntent pour cela au cinéma ses méthodes de promotion. La série Real Human sur le robotisme, diffusée sur Arte est à ce titre un bel exemple de webmarketing, lorsqu’un faux site d’achat de robots avait été lancé peu avant la diffusion de la première saison.