Le FIPA à l’heure anglaise

A l’honneur ce mercredi après-midi, deux fictions britanniques mêlant tour à tour les affres de la vie politique et l’infidélité dans les transports londoniens. De quoi passer une lovely afternoon !

La série The Politician's Husband mêle politique et vie privée.

La série The Politician’s Husband juxtapose politique et vie privée.

Comment se porte la création outre-Manche ? La projection de deux spécimens ce mercredi nous renseigne un peu plus sur son état. Si elle manque parfois de piquant dans son déroulement, elle excelle en revanche dans ses dialogues au cordeau. La première mini-série, The Politician’s Husband, décrit la chute d’un député trahi par un ami de longue date, événement qui servira à son épouse, propulsée au gouvernement par la force des choses. Dans ce mélodrame familial mâtiné de calcul politicien, les interprètes s’en sortent honorablement.

Reprenant les codes de la bonne série politique, à savoir l’enchevêtrement des intrigues privées et publiques, la fiction pose progressivement ses jalons et se singularise au fur et à mesure de l’épisode. Au moment de conclure, elle n’échappe pas au cliffhanger traditionnel, dont le but est ici de nous pousser à suivre la suite des aventures d’un couple dans les entrailles du pouvoir. Rien de passionnément novateur, mais une maîtrise efficace des ingrédients d’une série réussie !

Réviser les classiques

En ce qui concerne la deuxième mini-série en deux actes, 7:39, le scénario reste séduisant, quoique un peu ordinaire. Deux pensionnaires de pavillons de banlieue, chacun en ménage, se lient d’amitié et transforment leur trajet quotidien, démarré avec le train de 7:39, en moment idéal pour parler et se rapprocher. Vous l’aurez compris, la révolution de la comédie romantique se joue peut-être dans une autre salle, mais bien malin celui qui saurait prédire l’avenir du genre. En attendant, réviser les classiques et les réinterpréter avec brio reste un objectif louable, voire souhaitable pour certaines productions. Les meilleures soupes se font-elles toujours dans les vieux pots audiovisuels ?

7:39 ou l'infidélité via les transports

7:39 ou l’infidélité via les transports

La référence aux comédies américaines des années 00, orchestrées par Judd Apatow (En cloque, mode d’emploi, SuperGrave…) et ses disciples, est criante, mais elle ne jure pas tant la recette fonctionne. La prestation des acteurs fait mouche, le ton abonde dans le doux-amer et, au moment du dernier plan laissant l’idylle de nos deux infidèles en suspension, le constat est imparable : la perfide Albion parviendra aisément à nous faire voir la seconde partie.

So ?

Finalement, que reste-il de cette après-midi anglaise ? Un sentiment ambigu, celui d’une d’originalité restée dans l’Eurostar, mais une réalisation appliquée et attentive aux écueils de chaque genre rattrape le mal sans trop de problèmes. Les moments passés en compagnie de ces deux univers demeurent satisfaisants, si ce n’est plaisants. En définitive, The Politician’s Husband et 7:39 nous enthousiasment comme un thé chaud face à la pluie et aux vagues du pays basque : so charming.

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