Bruno Fontaine

Dessin Elliot 20003

 

Dans sa master class, Bruno Fontaine est revenu sur les épisodes marquants de sa carrière d’arrangeur et de compositeur.

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Michael Howe, l’anarchie à coup de tromblon

Dans une salle bondée de lycéens a été projeté ce matin The outlaw Michael Howe , un film du réalisateur Brendan Cowell.

Michael Howe

Michael Howe, l’anarchie à coup de tromblon

C’est une sorte de western à la sauce australienne, avec des mousquets à la place des winchesters et des acacias en guise de cactus. L’action se passe en 1814 , à l’époque où ce pays sauvage n’était encore qu’un vaste pénitencier à ciel ouvert et où les coups de fouets rythmaient le cours des journées.

Damon Herriman incarne un bandit de grand chemin qui a juré de renverser le système colonial britannique et ses gouverneurs véreux. Il devient un symbole de résistance contre l’autorité et l’injustice , l’archétype du héros porté par le peuple pour défendre la liberté. Un homme honnête qui aspire à une vie simple mais que le sens du devoir pousse à prendre les armes. Il entre dans un gang et prend rapidement sa tête, devenant  en peu de temps le bandit le plus recherché de l’empire britanique. Mais sa troupe n’est pas aussi soudée qu’elle n’en a l’air. Tous n’ont qu’un rêve: quitter cette terre rustre et violente pour repartir en Angleterre. Mais la compagne de Michael, une Australienne du nom Black Marie, lui apprend à vivre et à aimer sa terre…il resistera jusqu’au bout.

Cette histoire rappelle fortement une autre figure emblématique de la culture populaire australienne, Ned Kelly; à la différence que lui n’écrivait pas des lettres avec du sang de kangourou.

Les paysages sont à couper le souffle et la reconstitution est très bien réalisée. On peut cependant reprocher à l’auteur de ne pas avoir réussi à développer une vision originale et personnelle du personnage. L’intrigue prend à quelques moments des airs de drame sentimental et l’histoire a du mal à monter en tension. Un film biographique bien réalisé mais qui manque de punch.

Corto Maltese s’invite au smartFIP@

Corto

Parmi les créations présentées ce matin au smartFIP@, une a attiré tout particulièrement l’attention du public. Il s’agit d’un « jeu vidéo littéraire » sur Corto Maltese réalisé par la compagnie de production Kidsuphill.

Adapter Corto Maltese; un défi de taille

Corto Maltese. Peut être ce nom vous évoque-t-il déjà quelque chose. Créé par l’auteur vénitien Hugo Pratt, Corto est un monstre sacré de la bande-dessinée mondiale. Marin charismatique, aventurier à la personnalité complexe, grand voyageur… ce antihéros atypique est devenu au fil des ans une figure populaire reconnue, un symbole de liberté ; la quintessence même de l’aventure ésotérique telle qu’elle fut fantasmée durant toute une génération. Un personnage insaisissable qui ne cesse de surprendre le lecteur dans les 14 albums publiés. La vie de Hugo Pratt fut aussi riche et époustouflante que celle du personnage qu’il anima pendant des années, jusqu’à sa mort en 1995.

Le projet de « Corto Maltese : secrets de Venise » est né courant 2011 d’un pari osé : faire un jeu interactif à partir de l’univers de la bande dessinée. Adapter cette œuvre n’est pas à la portée de tous ; c’est s’attaquer à un mythe. Mais « cette création n’est pas une adaptation littérale des fables de Venise », explique Léonore, une membre de l’équipe de production. En effet, tout l’intérêt de ce jeu est qu’il a été abordé dès le départ comme une interprétation originale et personnelle. Son graphisme ultra-réaliste n’a rien à voir avec la technique d’encre de chine de l’auteur.

Un scénario inédit pour renouveler le plaisir des fans

Le scénario a été écrit par Simon Guibert et Marco Steiner. Ce dernier connaissait Pratt et est un peu « le garant de l’esprit de la BD ». L’histoire débute dans un bar de Venise, où le propriétaire, Gozzy vous offre un coup. Il commence une étrange histoire où il est question de pétales d’émeraudes et d’une clavicule de Salomon ; d’une fable de chasse au trésor somme toute. Tout à coup, vous sentez la fatigue vous tomber dessus ; vous commencez à avoir des hallucinations. Dobzy vous a empoisonné et lui seul a l’antidote. Il vous ordonne de vous mettre à la recherche des fameuses émeraudes ; que Corto lui même aurait offert à 6 mystérieuses femmes… Vous voilà enrôlé sur la piste d’un marin, dans une quête qui vous conduira à parcourir la Venise des cours secrètes et des énigmes. Suspendu entre la vie et la mort, sous les effets d’un poison qui vous affaiblit petit à petit, la réalité et le rêve se fondent progressivement.

Dans la progression du scénario, il faut résoudre des énigmes, qui comprennent à chaque fois plusieurs niveaux. « L’idée est de proposer deux échelles de compréhension, les initiés et les amateurs ; tout comme pour la BD » explique-t elle lors de la séance de questions.

La quête est bien sûr un symbole, car à travers ce trésor mystérieux ; c’est bien sur les pas de Corto que vous vous engagerez.

Le jeu est presque terminé mais il manque une partie du financement pour pouvoir le faire aboutir. Sa sortie, prévue pour cette année ne passera sûrement pas inaperçue. Elle annoncera l’année 2015 où les vingts ans de la mort de Pratt et l’annonce probable d’une reprise de la série par de nouveaux auteurs projetteront Corto Maltese dans l’actualité.

Mais n’a-t il jamais cessé de l’être ?

SmartFIP@, l’audiovisuel high-tech

Smart Fip@

Ce matin s’est ouvert la deuxième édition du Smart Fip@ devant un public nombreux. Cette rencontre créée il y a deux ans à Biarritz est consacrée au développement des technologies intéractives. Narrations immersives, serious game, réalité augmentée ; c’est l’occasion pour tous les créateurs de l’audiovisuel de présenter et de débattre les perspectives offertes par la narration transmédia.

Les différents travaux, « Cronulla Riots », « World Online Orchestra », « Fearless » et « Corto Maltese : secrets de Venise » proposent, tous à leur manière, de nouvelles façons de faire le lien entre les différentes disciplines de l’audiovisuel. L’interaction et l’immersion narratives sont les maître-mots de cette nouvelle génération de médias.

Le premier projet « Cronulla Riots » a été réalisé par Jaya Balendra. C’est un site internet Australien qui retrace pas à pas les événements qui se sont produits à Sydney en 2005. Dans un contexte de tensions communautaires importantes entre Libanais et Australiens « de souche »; une émeute a éclaté sur la plage de Cronulla le 5 décembre 2005. Ces violences urbaines ont été un choc pour le pays, révélant l’importance du mouvement nationaliste et xénophobe australien. Le déroulement des faits est présenté chronologiquement, à la façon d’un documentaire classique. Cependant, des liens apparaissent régulièrement sur la vidéo pour inciter le visiteur à approfondir certains points, renvoyant notamment à des sociologues et des journalistes spécialisés dans les questions du racisme et de l’immigration.

Le spectateur devient ainsi acteur, décidant de l’ordre dans lequel les informations lui parviennent.

 Un spectateur qui est acteur

Dans le site de « Fearless » qui traite du harcèlement dans les transports publics en Inde, la participation de l’internaute est d’autant plus importante que le sujet nécessite un important travail de mise en situation. Pour parler d’un sujet aussi sensible, la créatrice du site Avni Nijhawan a pris le parti de l’immersion totale. Vous incarnez une indienne durant une journée et vivez pendant quelques minutes ce que vivent des millions de femmes indienne au quotidien. Vous êtes amené à faire des choix, à décider par vous même du parcours que vous voulez faire. Placé dans cette situation, vous réalisez rapidement à quel point le harcèlement est répandu. « Traiter de manière ludique un problème aussi grave est la meilleure façon de sensibiliser le plus de personnes », explique la créatrice à la fin de la projection.

L’idée du World Online Orchestra pour sa part est issue du concept même de participation. Il propose à tous les musiciens dotés d’un instrument, d’un certain intérêt pour la musique classique et d’une webcam de faire partie d’un orchestre philharmonique en ligne. Une partition ; la 7ème symphonie de Beethoven pour un nombre illimité de musiciens, voilà le projet de cet orchestre. Une fois la vidéo enregistrée, vous apparaissez parmi une mosaïque d’enregistrements et vous jouez avec des personnes aux quatre coins du monde. Vous avez par ailleurs la possibilité de constituer des groupes de votre choix, en mettant en relation les « vignettes », les cases que dessine la mosaïque. Cette idée innovante offre des possibilités considérables en termes de créations collectives.

Ces différents projets ouvrent de nombreuses perspectives pour la création audiovisuelle et le smartFIP@ leur donne l’occasion d’être davantage diffusés. Il ne serait pas étonnant que des rencontres similaires se développent ailleurs.

Les bobines de la Jeune création / Moirai

Moiras, un court métrage animé très réussi!

Moirai, un court métrage animé très réussi!

Un pantin tombe du ciel. C’est une poupée articulée avec une bobine en guide de torse. Un léger frisson parcours ses longs membres. Ses yeux exorbités fixent le vide, avant de cligner et de se tourner vers l’horizon. L’énigme de la vie propulsée à la vitesse de 13 images secondes. Un blues lancinant déchire le silence du désert. L’étrange créature se relève maladroitement, et regarde ses mains comme si elle était la première étonnée par la forme que ses créateurs lui ont donnée. Elle commence à marcher tandis que sa bobine entame sa rotation inexorable.

Dès les premières secondes de ce film d’animation atypique; le spectateur a de quoi être surpris.

Les créateurs de Moirai, Kerstin Unger et Jasper Diekemp ont collaboré pendant plus d’un an pour faire aboutir ce conte métaphysique inspiré du mythe des moires. Les moires ou Parques dans la mythologie romaine sont ces femmes qui tissent le destin des mortels jusqu’à ce que leur rouet se vide. Elles sont les divinités implacables de la fatalité.

Dans ce travail effectué à l’Ecole supérieure des arts et médias de Cologne, les deux artistes se sont essayés à la technique du stop motion (animation image par image); et avec succès. Lui est spécialisé en sculptures et installations interactives, et elle en animation. Ce projet a été pour eux l’occasion de confronter leurs domaines de connaissances respectifs, pour développer une technique alliant la maîtrise de l’espace à la connaissance du mouvement. Pendant près d’un an, ils ont pris et assemblé plus de 17000 images pour composer une œuvre originale et sensible.

Une évasion et des questions

Dans quelle mesure sommes-nous aux commandes de notre destin ? Peut-on réellement être libre ? Ce sont autant de questions que le spectateur se pose en regardant ce court métrage angoissant. Une des premières choses que le pantin voit lorsqu’il se réveille est un de ses semblables qui s’écroule lorsque sa bobine de fil s’achève…au bout du rouleau. Réalisant que son temps est compté, le personnage commence sa longue quête à travers le désert. Une question muette se formule dans le sillage de ses pas : que faire du temps qu’il m’a été donné ?

La réponse vient d’elle-même ; un autre pantin porte un objet métallique dans la main, une sorte de sceptre. La curiosité laisse rapidement place à l’envie puis à la haine ; les pulsions et la passion animeront dès lors cet étrange personnage…

Curieuse expérience que d’être transporté ainsi avec aussi peu de temps et de moyens. Et encore plus extraordinaire que celle de s’identifier à une poupée en bois. La magie de l’animation…

Dommage que ce court métrage soit hors compétition !

A bout de souffle

Lily Candahl Touta

 

A quelques minutes de la cérémonie d’ouverture, Lily Candalh-touta de l’équipe du FIPA campus nous livre ses impressions sur cette 27ème rencontre du Festival International de Programmes Audiovisuels. Elle a passé la journée à enchaîner les réunions d’accueil et semble très optimiste pour la suite des événements. Souhaiter la bienvenue aux étudiants et leur expliquer le déroulement du programme n’est pas une mince affaire. « Il est important de recevoir les jeunes dans les meilleures conditions possibles car ils font partie intégrante du Festival ; leur travail est important pour nous ».

Cependant, c’est le jury des jeunes européens qui a occupé la majeure partie de son temps. « C’est un moment intense et l’aboutissement de longs mois de préparation.» Elle s’est beaucoup investie dans l’organisation de ce jury. Lorsqu’on lui demande ses attentes par rapport à ce groupe de 13 jeunes européens, elle nous répond avec un sourire : « j’espère qu’ils seront intéressés par les reportages. Et surtout qu’ils se fassent plaisir ».

Le gros du travail a été fait mais la semaine s’annonce chargée en émotions. « On a passé la journée à courir à droite à gauche et je n’ai pas eu le temps de voir mes autres collègues » nous confie-t-elle. C’est sa première année dans l’organisation du festival et elle est impatiente de commencer les activités. Quelle énergie !

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que l’équipe du FIPA nous reçoit. Une excitation bien contagieuse. Nous attendons le coup d’ouverture de cette saison avec enthousiasme. Bonne semaine à tous et bon festival !